5 min read by Alice

Un nouveau chapitre de ma guérison

Des nouvelles de mon parcours de guérison du Covid long. Au bout de deux ans et demi, un déclic a tout changé et la guérison avance différemment.
Une personne choisit le chemin de gauche à une croisée de chemins paisible. Le chemin de gauche est clair et lumineux, tandis que celui de droite disparaît dans la brume.
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Ce post est un court partage, moins structuré que d'habitude, dans lequel j'explique où j'en suis aujourd'hui, en juillet 2026, deux ans et demi après avoir eu le Covid.

Après deux ans et demi sur ce chemin, à lire des choses sur la régulation du système nerveux et à expérimenter avec ma propre guérison… j'ai ressenti un déclic.

La peur de la maladie a disparu.
Complètement.

C'est différent d'une prise de conscience intellectuelle, ou d'un mantra du genre "je suis en sécurité". Je peux le sentir dans mon corps. Tout mon être se sent profondément en sécurité et ancré la majorité du temps.

J'ai toujours de temps en temps des sensations physiques désagréables, des émotions difficiles et des inquiétudes. La vie continue, avec son lot inévitable de stress et de surprises. Mais je n'ai plus peur.

Ces derniers temps, lorsque je fais quelque chose de nouveau, je ressens avec certitude que je ne vais pas "crasher". Ça ne veut pas dire : "Je suis sûre que je n'aurai aucun symptôme". Ça veut dire : "Quoi qu'il arrive, je sais que je ne vais pas tomber dans une spirale de terreur".

J'ai essayé de provoquer ce "déclic" tellement de fois. J'ai essayé de le forcer, de le créer, en me régulant davantage, en faisant plus d'exercices... Mais je n'aurais rien pu faire de plus pour qu'il se produise plus vite. Le processus devait se dérouler à son propre rythme, et ça a demandé beaucoup de patience et de confiance.


J'ai encore parfois des pensées intrusives. J'ai l'impression qu'elles sont surtout alimentées par le traumatisme de la maladie en elle-même.

"Et si je m'effondrais à nouveau ?"
"Attends… c'est quoi cette sensation ?"

Ces pensées sont automatiques. Je ne peux pas les empêcher d'apparaître complètement. Mais le fait que je réagisse systématiquement avec acceptation et un peu d'indifférence a fait qu'elles sont devenues beaucoup moins fréquentes et moins intenses.

Aujourd'hui, mon dialogue intérieur ressemble surtout à ça :

"Ah. Là, je me sens frustrée. Ok."

À chaque fois que je remarque que mon esprit part dans une direction qui ne m'aide pas, je prends le temps de le remarquer, de le valider, et je reprends le cours de ma journée. Je n'essaie pas de changer quelque chose, de ne plus penser ou ne plus ressentir, ni de forcer des pensées ou des émotions positives.

Accepter qu'un inconfort puisse exister, et qu'on a pas besoin d'agir pour le faire disparaître immédiatement, est extraordinairement libérateur. Étonnamment, l'inconfort a tendance à disparaître beaucoup plus vite lorsqu'on lui laisse simplement de la place, plutôt que lorsqu'on essaie activement (et désespérément) de le faire disparaître.

C'est à ça que ressemble mon processus de guérison en ce moment.

Jeune plante Pilea peperomioides aux feuilles rondes et vertes, plantée dans un pot en céramique terracotta posé sur un meuble en bois. La lumière  du soir projette l'ombre de la plante sur un mur.

Pour être complètement honnête, je pense avoir une idée de ce qui m'a aidée à avoir ce déclic.

Il y a quelques mois, je me suis rendu compte que passer beaucoup de temps dans les communautés Covid Long et EM/SFC était très éprouvant pour moi.

J'avais quitté les espaces qui ne parlaient pas de guérison lorsque j'ai commencé à aller mieux. Puis, je suis revenue, avec l'envie d'aider les autres autant que possible. Je ressentais le besoin de partager l'espoir que d'autres m'avaient transmis lorsque j'étais au plus mal, à travers leurs récits de guérison.

En faisant ça, on est confronté chaque jour à la détresse, à la peur, au rejet, et parfois même à la haine. Tout cela prend racine dans une immense souffrance liée à la façon dont ces maladies sont perçues et traitées. Je le comprends, et je n'en veux à personne.

Mais essayer de transmettre de l'espoir dans ces espaces, c'est comme essayer de faire avancer un bateau à contre-courant à mains nues, tout en se faisant jeter des pierres au visage. C'est épuisant, et ça fait mal.

Avec le temps, j'ai fini par comprendre que, malgré les meilleures intentions du monde, rester dans ces environnements freinait ma propre guérison. Prendre de la distance m'a permis de franchir une nouvelle étape vers le mieux, en concentrant progressivement mon énergie sur ma vie, plutôt que sur la maladie.


Si vous lisez ce post alors que vous êtes encore dans la période la plus difficile de cette maladie, je sais comment il peut être perçu. Vous vous dites peut-être :

"En fait, elle a juste appris à vivre avec la maladie.
La guérison, ça n'existe pas..."

C'est exactement ce que je pensais aussi quand je lisais ce genre de témoignages dans des groupes de guérison il y a un an.

La vérité, c'est que je suis toujours en train de guérir.
Ce post n'est pas la fin de mon parcours.

Mes symptômes n'ont pas complètement disparu pour l'instant, mais ils se sont considérablement améliorés. Mon système nerveux s'est apaisé. Je recommence à bouger, à travailler sur des projets. Je ressens aussi de la fatigue normale et des courbatures normales, au fur et à mesure que je reconstruis mes capacités physiques.

Je passe la majorité de mon temps sans penser au Covid long ou à l'EM/SFC, et je ne prends plus mes décisions uniquement en fonction de la maladie.

Pendant des années, même avant de tomber malade, mon esprit était constamment occupé par des pensées difficiles et de l'anxiété. Aujourd'hui, ma vie est devenue beaucoup plus grande et ouverte. Pour moi, c'est ça la guérison. J'en suis infiniment reconnaissante.